Pas de répit. En proie à l’insécurité, les Burkinabè doivent affronter une autre épreuve que lui impose, cette fois, la hausse mondiale des cours du pétrole et  des prix des denrées alimentaires de base. A partir du 12 mai 2022, le prix du litre d’essence a connu une augmentation de 100 F CFA pour les consommateurs jusque-là épargnés par cette tendance haussière mondiale des cours des hydrocarbures à l’effet d’entrainement tant redouté. Sous la pression devenue intenable du poids des subventions accordées au secteur pour maintenir les prix à la pompe, le gouvernement a dû, après moult hésitations (au regard du contexte sociopolitique), se résoudre à répercuter une partie de la « vérité » des prix à la pompe sur le consommateur.

Une partie seulement, car si les prix n’avaient pas été réajustés, la subvention pour un litre de super serait de 343 F CFA. Nonobstant cette augmentation de l’ordre de 100 F CFA, la subvention réelle est toujours de 243 F CFA pour le même litre de super. Ce réajustement permettra du même coup, si le diagnostic est bon, de juguler le « siphonnage » du carburant du Burkina en direction de certains pays voisins où le litre de gazole, par exemple, coûte 300 F CFA plus cher. Les conséquences de cette augmentation des prix à la pompe ne se sont pas fait attendre. Les professionnels des transporteurs ont procédé à une hausse des prix des tickets des transports de près de 20% du jour au lendemain, laissant présager une valse des étiquettes dans un contexte de hausse des coûts des produits de grande consommation. Il faut saluer la prompte réaction du gouvernement face à ce qui s’apparentait à une surenchère des transporteurs, en appelant tout aussi instantanément les différents acteurs à des concertations qui ont permis de ramener la hausse des prix des tickets de transports à des proportions raisonnables.

Mais la vigilance reste tout de même de mise, car le risque d’une flambée des prix et des effets collatéraux n’est pas tout à fait écarté au regard de la forte tendance des acteurs économiques à tirer profit des moindres soubresauts du marché. Avec l’insécurité qui freine les activités agricoles dans certaines zones, les mesures de fermeture des frontières avec certains pays voisins en réponse à la COVID-19, la guerre en Ukraine d’où provient une part importante du blé, il faut se rendre à l’évidence que les pouvoirs publics n’ont pas de prise réelle sur la hausse des prix de certains produits de base dépendant de facteurs exogènes. Il faut cependant reconnaitre qu’ils ont tout à fait la possibilité d’atténuer la situation, d’éviter ou de limiter la surenchère et les augmentations « déraisonnées » auxquelles on assiste parfois sur la base de simples rumeurs. Les nouvelles autorités l’ont suffisamment démontré en prenant à bras-le-corps la question de la cherté de la vie. Notamment en réaffirmant dès janvier 2022 la suspension de la délivrance des autorisations spéciales d’exportations des céréales, en suspendant l’exportation de la farine des céréales, en approvisionnant près de 400 points de vente des produits subventionnés qui sont pris d’assaut par les populations, en multipliant les opérations de contrôle des prix des produits de première nécessité en vue de protéger le consommateur des pratiques « anarchiques » de prix pour lesquelles aucune tolérance ne devrait être admise.

Par Mahamadi TIEGNA

mahamaditiegna@yahoo.fr

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