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Grippe aviaire au Burkina : 42 foyers confirmés dans sept régions

Les ministres en charge des ressources animales et de la santé, Moussa Kaboré et Charlemagne Ouédraogo, ont animé une conférence de presse conjointe, dans l’après-midi de ce vendredi 14 janvier 2022, sur la situation de la grippe aviaire au Burkina Faso.

La grippe aviaire refait surface au Burkina Faso. L’annonce a été donnée par le ministre en charge des ressources animales, Moussa Kaboré, le jeudi 13 janvier 2022 au sortir du conseil des ministres. Le lendemain, en compagnie de son collègue de la santé et de l’hygiène publique, ils ont animé une conférence de presse pour donner des informations complémentaires et tirer la sonnette d’alarme.
« Le Burkina Faso enregistre à ce jour 42 foyers confirmés de mortalité de volailles causée par un virus du type Influenza de la souche H5N1 répartis dans sept régions », a déclaré le ministre Moussa Kaboré.

Cette réapparition de la maladie fait suite aux épizooties de 2006 et de 2015. Huit pays de la CEDEAO ont été touchés par la grippe aviaire entre janvier et décembre 2021. Au regard de la situation zoosanitaire dans la sous-région, deux hypothèses pourraient expliquer la répartition de la maladie au Burkina Faso, a indiqué Moussa Kaboré.
Il s’agit de l’introduction, à travers les oiseaux migrateurs, au niveau des sites de rassemblement et les points d’eau et de l’introduction à travers l’importation de volailles ou de produits aviaires frauduleux des pays voisins.

Le ministre Moussa Kaboré a invité les populations à la discipline, car la grippe aviaire est une maladie qui tue aussi le tissu économique.

Conséquences

Selon le ministre Moussa Kaboré, le cheptel aviaire national est menacé à hauteur de 52 millions de têtes. « La perte globale de 90% de ce cheptel pourrait s’estimer à 163,8 milliards de FCFA de pertes directes, sans compter les pertes en production d’œufs », a-t-il affirmé.
Actuellement, au pays des hommes intègres, le virus a occasionné une mortalité d’environ 500 000 volailles et une perte de 1 380 222 plaquettes d’œufs de consommation estimée à environ 4,78 milliards de FCFA, toutes espèces de volailles confondues.

Mesures d’accompagnement du gouvernement

A en croire le ministre en charge des ressources animales, la gestion de la grippe aviaire nécessite la mobilisation d’importants moyens humains et matériels tels que les équipements de protection, des consommables de laboratoire, des moyens d’incinération et de désinfection. Ainsi, le gouvernement s’engage à mettre à la disposition des équipes techniques les moyens nécessaires à une gestion efficace de la grippe aviaire à l’effet d’en limiter la propagation et les effets sur la chaîne de valeur avicole.

« Un point d’honneur est mis dans l’indemnisation des producteurs dont les volailles ont fait l’objet d’abattage constaté par un procès-verbal rédigé par les services compétents, conformément aux textes en vigueur, a laissé entendre Moussa Kaboré, qui a ajouté qu’environ 3,8 milliards de FCFA seront affectés aux indemnisations ».

Les deux ministères comptent sur les hommes de médias pour une réussite de la sensibilisation.

Covid-19 et grippe aviaire

En plus du coronavirus, la grippe aviaire vient s’ajouter sur la liste de la crise sanitaire du Burkina Faso. Le ministre en charge de la santé et de l’hygiène publique, Charlemagne Ouédraogo était aux côtés de Moussa Kaboré pour donner certaines précisions.

« Entre le covid et la grippe aviaire, le dénominateur commun, c’est l’hygiène », a expliqué le ministre Charlemagne Ouédraogo. Pour lui, la contamination à cette grippe ne se fait que par voie respiratoire et non digestive. C’est pourquoi, il a invité les populations à ne pas manipuler la volaille morte.

Et Moussa Kaboré d’ajouter : « Pour empêcher l’introduction de la maladie dans les sites d’élevage et sa propagation, il est recommandé aux producteurs d’éviter les contacts de la volaille entre différents élevages et avec d’autres animaux (chiens, porcs, chats, rongeurs, etc.), de rassembler et détruire les volailles mortes sous le contrôle des agents vétérinaires, de se garder de vendre de la volaille ou tout produit issu d’un élevage infecté. »

Pour le ministre Charlemagne Ouédraogo, l’hygiène doit être de rigueur face à la grippe aviaire.

Ceux qui vont observer cette règle seront indemnisés au besoin.
Tous les deux ministres ont martelé qu’il n’y a pas de médicament pour traiter ce virus donc faut bien cuire l’animal avant de le manger.
En rappel, la grippe aviaire est une infection due à un virus de type Influenza de la souche A dont les sous-types H5, H7 et H9 sont réputés hautement pathogènes.

Cryspin Laoundiki
Lefaso.net

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