Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a dévoilé, le mardi 3 août 2021, le label beurre de karité du Burkina Faso. Ce label s’inscrit dans une vision de promotion et de valorisation des produits du terroir. Il a pour objectif de consolider les réalisations de la filière.

Après le pagne Faso dan fani, le chapeau de Saponé, c’est au tour du beurre de karité d’obtenir son label. Classée quatrième produit d’exportation après l’or, le coton et la filière bétail/viande, la filière karité a été identifiée comme une filière porteuse par différents référentiels nationaux de développement du Burkina.

Selon les statistiques, le pays a un potentiel de production annuelle moyen de plus d’un million de tonnes d’amandes. Seulement 400 000 tonnes de ce potentiel sont exploitées et 300 000 tonnes font l’objet d’exportation. Quant au beurre de karité, le Burkina Faso exporte en moyenne 15000 tonnes par an, soit une part du marché au niveau international estimée à moins de 1%. Ces chiffres montrent les perspectives intéressantes de marché pour les produits de la filière karité.

Les acteurs de la filière karité présents à la cérémonie de dévoilement du label

Cependant, la réalité est tout autre sur le terrain. En effet, les mêmes statistiques montrent que le taux de survie des exportations des produits du karité est de 45% après la première année. Autrement dit, 55% des exportations de la filière karité du Burkina ne maintiennent pas une relation commerciale durable avec les acheteurs internationaux. Les raisons sont entre autres la qualité des produits et la capacité à fournir un produit en volume et en temps, selon les demandes du client.

D’où, la nécessité de mettre en place un outil permettant de rassurer le consommateur ou le client aussi bien sur la qualité que sur le volume des produits du karité. Toute chose qui pourra améliorer la compétitivité des entreprises intervenant dans cette chaîne de valeur. C’est tout le sens de la labellisation des produits du karité dénommé « or blanc des femmes ».

Le label beurre de karité du Burkina Faso

Un argument commercial et de compétitivité

Du côté du président de la Table Filière Karité, Théophane Bougouma, cette labellisation vient conforter les acteurs du secteur dans la mondialisation de l’échange qui exige que les produits soient soumis au contrôle de qualité pour préserver la santé du consommateur. Ce label vient donc rassurer le consommateur sur la qualité du beurre de karité. A l’en croire, la qualité est la meilleure source de fidélité clientèle et le principal atout des acteurs burkinabè vis-à-vis de la concurrence étrangère, et le seul axe pour préserver leur croissance et leur rentabilité.

Le président de la Table Filière Karité, Théophane Bougouma

A cet effet, le label beurre de karité et de ses produits dérivés des normes de qualité MBF pour les amandes de karité et le beurre de Karité, offre désormais aux entreprises de la filière des possibilités de labellisation et de certification à moindre coût. « Le label du beurre de karité ainsi que des normes MBF commandent que toute la chaine de valeur de la filière karité du Burkina s’inscrit dans une démarche qualité afin de disposer de tous les arguments commerciaux permettant aux entreprises d’améliorer significativement leur performance commerciale », a laissé entendre Théophane Bougouma, tout en rassurant que sa structure prendra toutes les dispositions nécessaires afin d’engager tous les maillons de la filière karité de la chaine de valeur dans cette démarche.

Susciter des retombées dans la chaîne de valeur

Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, ce label, gage de qualité et de confiance, vient favoriser l’accroissement de la demande en produits de karité, occasionnant la création d’emplois locaux, la lutte contre le chômage des couches les plus vulnérables que sont les femmes et les jeunes.

Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Harouna Kaboré

En plus, il permettra la reconnaissance des produits du karité ayant satisfait aux exigences du cahier de charges de production. Selon Harouna Kaboré, cette initiative a pour ambition de créer et consolider plus d’emplois et de générer annuellement plus de revenus pour l’économie nationale en général et les acteurs de la filière en particulier. Il souligne que la labellisation du Faso dan fani et du chapeau de Saponé a enclenché une bonne dynamique dans ces secteurs respectifs et il n’y a pas de doute que la labellisation du beurre de Karité va susciter des retombées dans cette chaine de valeur.

Dans la même lancée, la représentante du Grand-Duché de Luxembourg, Jil Haentges, a indiqué que cette initiative permettra d’améliorer l’accès des produits de karité et permettra l’amélioration de la qualité et un positionnement des acteurs sur des marchés compétitifs.

En rappel, la labellisation du beurre de karité s’inscrit dans le cadre du projet PACFIK mis en œuvre grâce à l’appui de la Coopération luxembourgeoise et de ses partenaires. Il a pour objectif global de contribuer à l’amélioration de l’exportation et la compétitivité des produits et des revenus au profit des acteurs de la filière du karité, et à la création d’emplois sur l’étendue du territoire national.

Judith SANOU
Lefaso.net

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