Journée internationale de la tolérance 2020 : Le message de l’Association pour la Tolérance religieuse et le Dialogue interreligieux


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Les élites intellectuelles, traditionnelles, religieuses et économiques doivent être des lumières qui éclairent, pas qui éblouissent !

Le 16 novembre dernier, l’Organisation des nations-unies (ONU) a célébré sobrement la 25e Journée internationale de la tolérance à travers l’attribution à l’organisation non gouvernementale Centre résolution conflits (CRC) de la république démocratique du Congo, du Prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. Ce Prix qui récompense des activités significatives dans le domaine scientifique, artistique, culturel ou de la communication visant la promotion d’un esprit de tolérance et de non-violence des organisations et des personnalités porte le nom de son bienfaiteur Madanjeet Singh. Ce dernier était ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO, artiste, écrivain et diplomate indien.

Fondé en 1993, le CRC est un centre de formation communautaire pour la consolidation de la paix et la résolution des conflits. Ses principaux objectifs sont la formation à la résolution des conflits et l’éducation à la paix mais s’emploie également à sauver les enfants soldats.

Notre organisation, l’Association pour la tolérance religieuse et le dialogue interreligieux (ATR/DI) dont le crédo est « Tolérants à l’image du Créateur qui a permis de l’existence de plusieurs religions et de non-croyants ! » adresse ses vives félicitations au CRC dont l’abnégation et la détermination dans la promotion de la tolérance en dépit d’un contexte sécuritaire, sanitaire et environnemental difficile lui ont ouvert la voie à cette reconnaissance internationale.

Cela dit, la commémoration de cette journée dans notre pays le Burkina Faso intervient à un moment de grands défis caractérisés par les attaques des groupes armés, les crises ouvertes ou latentes liées aux pratiques religieuses, les difficultés d’arrimage de certaines religions abrahamiques (telles que pratiquées par certains leaders religieux) à nos traditions, les tendances à la marginalisation systématique et à l’indexation négative de certaines communautés religieuses ou socio-ethniques, la radicalisation d’abord rampante et discrète mais de plus en plus décomplexée, les défiances multiformes et multicanal vis-à-vis de l’autorité publique sur des bases politiques, morales ou confessionnelles, l’effritement des pouvoirs des représentants de l’Etat, la consécration, dans les faits, de l’incivisme comme valeur (confère les comportements dans la circulation routière) même si les discours disent autre chose, les élections présidentielle et législatives qui semblent plus amuser les citoyens ou constituer des opportunités de gain financier ou matériel conjoncturel pour eux que d’être une occasion d’expression de leur engagement politique, les médias sociaux et les réseaux sociaux dont l’exploitation sert bien souvent nos instincts grégaires de destruction et de mort que la promotion des valeurs cardinales de notre société… Certes, un tel panorama n’est pas de dimension apocalyptique mais faut-il attendre que nous en soyons là pour sonner le tocsin ?

N’est-il pas temps que d’abord, individuellement et ensuite collectivement, chaque citoyen et résident de ce pays s’interroge sur sa part de responsabilité et commence à y apporter en priorité des solutions à son propre niveau avant d’en exiger des autres ? Evidemment, la réponse à la première question est non et celle à la seconde est oui !

Cela est impératif dans la mesure où :

La fragilité évidente de l’Etat burkinabè qui est susceptible de se transformer en chaos ne fera l’affaire de personne même s’il est concevable qu’une infime minorité sur des bases probablement mafieuses pourrait tirer son épingle du jeu. La paix, la stabilité et le bien-vivre ensemble profitent à tous et pas seulement aux plus faibles ou à ceux qui sont considérés comme tels.

La mémoire de nos devanciers dont nous célébrons chaque année la bravoure et l’engagement dans la reconstitution de la colonie de la Haute-Volta, la lutte pour l’indépendance et les batailles pour le développement mérite autre chose que le sort que nous sommes en train de réserver à notre patrie.

Les discours visiblement complaisants et parfois hypocrites sur l’intégrité, la tolérance, la fraternité, etc. que nous servons à tout va et qui sonnent creux sont, en réalité, des injures faites à nos ascendants ; eux qui nous ont transmis ces valeurs moins par les rengaines verbales que des comportements adéquats.

Face à ce spectacle pour le moins sidérant, la responsabilité des élites intellectuelles, religieuses, traditionnelles et économiques est lourde.

En effet, la légitimité et la légalité (« de fait » ou de droit) dont chacune de ces catégories est investie fait d’elle une lumière pour les autres membres de la communauté et qui lui confère ainsi un rôle déterminant dans l’avenir de notre pays : à intensité raisonnable, cette lumière joue un rôle avant-gardiste, source d’épanouissement global pour la collectivité politique que nous sommes ; à forte intensité, elle devient éblouissante et n’aura d’égale que les ténèbres qu’elle est censée chasser.

Autrement dit, ayons le sens de la mesure car les extrêmes, dans un sens ou dans un autre, sont aussi destructeurs : sans pluies, il n’y a point de récoltes, trop de pluies, pas de récoltes non plus !

Pour le bureau national

Issaka SOURWEMA

Dawelg Naaba Boalga


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