Militaires et policiers radiés : « Le HRCUN et Léandre Bassolé sont des marionnettes aux ordres du gouvernement », selon Mathieu Kinané, leur porte-parole


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Dans une déclaration dont Lefaso.net a obtenu copie, les militaires et policiers radiés dénoncent les pressions psychologiques exercées par le HRCUN « pour contraindre leurs camarades à prendre l’aide octroyée ». Pour Mathieu Kinané, porte-parole des militaires et policiers radiés, le HCRUN n’accorde « aucune importance au dossier ». Lisez plutôt l’intégralité de la déclaration.

« Nous venons ici vous faire part de notre mécontentement par rapport au traitement dont a fait objet notre dossier sur le cas des policiers et des militaires radiés ; et vous faire également le point de la situation sur la réconciliation nationale pilotée par le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) au Burkina Faso. Signalons qu’une formation professionnelle pour la reconversion de deux cent cinquante-cinq (255) militaires et policiers radiés précédemment prévue pour se tenir sur deux (02) ans a été ramenée à deux (02) mois dans le but de bâcler la formation afin de clore définitivement le dossier.

Nous avons toujours désapprouvé le mode de communication du HCRUN qui se résumait à des publications et des convocations sur sa page Facebook négligeant les délégations constituées de policiers et de militaires radiés (même si elles ne sont pas légales).

Le HCRUN n’accordant aucune importance à notre dossier, passe donc par le canal de sa page Facebook pour divulguer des informations nous concernant ignorant que beaucoup parmi nous n’ont pas de téléphones portables. C’est ce qui explique d’ailleurs le faible taux de participation à cette formation pour la réinsertion sociale. Par ailleurs, nous dénonçons avec énergie la pression psychologue dont a usée le HRCUN pour contraindre nos camarades à prendre l’aide octroyée quand bien même ces derniers étaient en majorité contre.

Nous nous demandons encore à quoi a vraiment servi le déplacement coûteux des membres du HCRUN au Rwanda ? A rien absolument ! Le HCRUN avait-il besoin d’aller au Rwanda pour revenir remettre de l’argent aux policiers et aux militaires radiés si le but du voyage était de s’enquérir de l’expérience rwandaise ? Nulle part, l’argent n’a contribué à une réconciliation.

Nous avons toujours insisté sur notre réhabilitation car depuis 2012 nous sommes l’objet de stigmatisation et de rejet. Pourquoi avoir attendu la rentrée des classes pour proposer une aide financière de trois millions cinq cent mille (3.500.000) francs aux policiers et militaires radiés à qui rien n’est reproché (selon les termes du colonel Sy Traoré, membre du HRCUN), malgré le refus catégorique de ces derniers et un million cinq cent mille (1.500.000) francs à ceux qui ont fait l’objet de condamnations ?

Pourquoi avoir remis l’argent aux intéressés avant la formation si la volonté est bien d’aider ces centaines de jeunes à réintégrer la société ? N’était-ce pas plus judicieux de remettre l’aide aux postulants après la formation ?

Pourquoi avoir attendu une longue année après la remise de l’aide financière pour inviter nos camarades à la formation ? Pourquoi avoir attendu à la veille des campagnes électorales pour débuter la formation ? Rappelons qu’après traitement dudit dossier le 13 septembre 2019 le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale déclarait par la voix du colonel Sy Traoré que 410 militaires radiés et 136 policiers révoqués ne sont accusés de rien mais qu’ils recevront comme tous les autres, une aide à la réinsertion sociale. Pourquoi le gouvernement avec la complicité du HCRUN voilent-ils la vérité ?

Pourquoi veulent-ils à tout prix faire subir à ces jeunes militaires et policiers, à qui rien n’est reproché, les dures lois du chômage ? Nous avions à maintes reprises dit que le HRCUN et son président M. Léandre Bassolé n’étaient que des marionnettes aux ordres du gouvernement, sans aucune dignité ni impartialité. Car ce que nous redoutions le plus (la stigmatisation) n’a jamais été prise en compte ni même évoquée.

Tous ces faits réunis nous laissent croire sans aucun doute que le HCRUN n’a pas été mis en place pour la réconciliation mais pour maintenir en poste le candidat du MPP aux élections présidentielles. Nous disons que le HCRUN et ses membres ont raté le virage de l’histoire des grands hommes de notre pays. Ils sont tout simplement passés à côté de l’histoire. Et l’histoire jugera chacun pour l’acte qu’il aura posé. Depuis l’instauration du HCRUN jusqu’à l’octroi de l’aide à la réinsertion sociale, il a toujours manœuvré dans le sens de l’autre parti sans jamais prendre en compte les multiples propositions que nous avons faites. En d’autres termes, le HCRUN se fait tirer par le bout du nez par le gouvernement qui lui dicte les décisions à nous imposer.

Cependant, nous appelons les partis politiques et toutes les structures qui militent pour la justice et la vérité à dénoncer cette manière de faire qui met à rude épreuve la cohésion sociale et la réconciliation nationale elle-même. Nous invitons nos camarades à garder le moral et à croire en un véritable changement. Nous les exhortons à rester lucides et cohérents comme toujours, pour faire le bon choix du candidat du peuple, capable de réconcilier les filles et fils de notre pays. Un candidat capable de ramener la stabilité par quelques moyens que ce soient pour le retour des déplacés du terrorisme et pour le bien-être de tous les burkinabè.

Rappelons à nos camarades que la lutte pour la réintégration ne s’arrêtera que quand chacun d’entre nous aura rejoint son unité pour la défense de la patrie. Par ailleurs, nous appelons nos parents à voter utile car cette tentative de formation relève du populisme, de l’achat de voix. Nous exhortons à voter utile pour ne pas commettre les erreurs du passé, pour ne pas compromettre l’avenir de leurs descendances.

La meilleure manière d’apaiser les cœurs c’est de dire la vérité, de rendre justice et de réhabiliter les opprimés. Enfin, nous appelons le peuple insurgé à se départir des corrupteurs et décider de lui-même du devenir de notre belle nation. Nous demandons donc à notre vaillant peuple de ne plus se tromper et de ne plus confier l’avenir du Burkina Faso à des aventuriers, des usurpateurs, dépourvus de visions.

La patrie où la mort, nous vaincrons !

Les camarades

Soumarj. Bahoro

Arnaud F.


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