Semaine nationale de la convergence : La contribution des femmes dans la lutte contre les changements climatiques au cœur des échanges


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La Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau (CGLTE-AO) a célébré en différé, ce mardi 27 octobre 2020 à Bobo-Dioulasso, la semaine nationale de la convergence sous le thème : « Contribution des femmes dans la production alimentaire et la lutte contre les changements climatiques au Burkina Faso ». Cette semaine commémore à la fois la Journée internationale de la femme rurale célébrée le 15 octobre, la Journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre et celle du 17 octobre consacré à la lutte pour l’élimination de la pauvreté.

L’objectif principal de la semaine nationale de la convergence au Burkina Faso est de faire le plaidoyer en faveur des droits des femmes rurales et particulièrement leurs droits d’accès aux ressources productives de la nourriture. Plus précisément, cette journée vise à promouvoir l’autonomisation des femmes rurales à travers l’organisation de deux conférences publiques pour interpeller les autorités locales sur les thématiques liées à la terre, à l’eau, aux semences paysannes, à l’agroécologie et aux droits à l’alimentation.

Les participants de la cérémonie commémorative de la Semaine nationale de la convergence

Ce, en mettant un accent particulier sur les droits des femmes rurales. Par ailleurs, cette activité vise à créer un cadre d’échanges, d’exposition et de partage d’expérience sur les semences paysannes et les produits locaux. Aussi, elle se donne pour mission, de renforcer la visibilité de la convergence burkinabè.

En effet, selon le point focal de la CGLTE, Rosalie Woba, le secteur agricole constitue un pilier important pour l’économie burkinabè. Il contribue substantiellement à la satisfaction des besoins alimentaires des populations, à la formation du Produit intérieur brut à hauteur de 35 à 40% et emploie plus de 80% de la population. Il existe un fort lien entre le travail des femmes rurales et la production alimentaire. « 80% de la nourriture produite dans les pays en développement est l’œuvre des femmes », à en croire l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La photo de famille à l’issu de la cérémonie d’ouverture des travaux

En dépit de cette réalité, poursuit-elle, « les agricultrices, par rapport à leurs homologues masculins, ont moins accès aux terres, au crédit, aux intrants agricoles et aux marchés. Elles sont aussi plus vulnérables aux effets des changements climatiques que les hommes ruraux et les femmes urbaines ». En effet, 31,5% des agriculteurs masculins sont propriétaires de leurs terres contre 7,4% des agricultrices. Selon l’organisme onusien, si les femmes bénéficiaient du même accès aux ressources productives que les hommes, elles pourraient augmenter les récoltes de leurs exploitations agricoles de 20 à 30%, permettant de sortir de la famine, 100 à 150 millions de personnes dans le monde.

Mener le combat aux côtés des femmes rurales

Aussi, en matière de crédit agricole, l’enquête permanente agricole 2012-2013 a révélé que seulement 2,11% de femmes ont eu accès au crédit et à la microfinance contre 8,79% d’hommes responsables de parcelles. En matière d’accès à l’eau, seulement 68% des habitants des zones rurales avaient accès à des ressources d’eau potable, contre 96% des citadins en 2019. Dans des régions comme les Hauts-Bassins, les Cascades, l’Est et le Sahel, autour de quatre personnes sur dix n’avaient pas accès à l’eau potable dans les villages desservis.

La visite des stands d’expositions par les autorités

C’est face à ces nombreux défis que la Convergence s’est engagée à mener ce combat aux côtés des femmes rurales et d’autres organisations partenaires, pour obtenir de meilleures conditions de vie et de travail pour les productrices et producteurs ruraux.

« Nous plaidons avec force auprès des autorités politiques pour la mise en place de systèmes d’alimentation et de production locaux, avec le contrôle, la gestion et l’accès des femmes rurales à la terre, l’eau, le crédit, la biodiversité naturelle, cultivée et élevée et toutes autres ressources naturelles ; pour plus de formations des femmes à l’application des pratiques agroécologiques issues des savoirs (savoir-faire et savoir-être) en harmonie avec les agroécosystèmes et les us et coutumes », a défendu Rosalie Woba.

Point focal de la CGLTE, Rosalie Woba

Ainsi, au cours de cette rencontre commémorative, il s’est agi de montrer la place et le rôle de la femme dans la production alimentaire à travers des conférences publiques. L’une a porté sur l’accès des femmes au foncier, aux semences paysannes et leur rôle dans la production alimentaire et l’autre sur la nécessité de mettre l’accent sur la production locale et la transformation des produits locaux (agroécologie paysanne) dans un contexte de crise mondiale en faisant focus sur le covid-19.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source : lefaso.net

Faso24


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