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Centre Delwendé de Sakoula : Le Conseil régional du Centre vole au secours des personnes accusées de sorcellerie

Les femmes qui vivent dans le centre Delwendé de Sakoula (localité de la région du Centre) sont accusées de « sorcellerie ». Refugiées dans ces lieux, elles sont prises en charges par les religieuses. Au nombre de 194, elles ont reçu la visite du président du Conseil régional du centre, Éric Tiemtoré, venu leur remettre des vivres, le jeudi 22 octobre 2020.

Ces femmes déshéritées sont accueillies, logées et entretenues par les sœurs religieuses et par la contribution des personnes de bonnes volontés. Pour les réconforter et les soutenir dans leurs peines, Éric Tiemtoré et son staff du Conseil régional du Centre se sont rendus au centre Delwendé de Sakoula pour leur offrir des vivres. Ces vivres sont composés de 36 bidons de 5 litres, du riz local et du maïs local d’environ 2 tonnes.

« Nous sommes venus au centre pour offrir des vivres à ces femmes qui se sentent abandonnées pour des raisons de sorcellerie. Nous sommes venus autour de ces 194 femmes pour leur traduire toute la compassion du Conseil régional du centre. Nous avons touchés du doigt les réalités qu’elles vivent. Nous saluons tous ceux et celles qui œuvrent pour leur épanouissement et nous les rassurons de notre proximité et de nos soutiens dans la mesure de nos possibilités » a laissé entendre le président, Eric Tiemtoré

Éric Tiemtoré, président du conseil régional du centre

La sœur responsable du centre, Vickness, de la Congrégation des sœurs missionnaires d’Afrique a remercié les donateurs pour cette initiative. En effet, selon elle, la présence des autorités administratives est plus que jamais nécessaire car elle soulage et réconforte ces dames accusées de sorcellerie. Par conséquent, rejetées par leur famille. « Un être humain ne mérite pas de telles atrocités, pire des femmes qui ont des enfants. La plupart de ces dernières sont veuves » a-t-elle confié. Tout en remerciant les donateurs, elle les a invités à plus de sensibilisation pour l’intégration définitive de ces femmes coupées de leur milieu de vie. Elle a aussi remercié les médias qui travaillent sans cesse pour que les informations aillent au-delà des frontières burkinabè. Par ailleurs elle a plaidé auprès d’eux pour qu’ils soient la « voix des sans voix ».

Remise de don

Comme cette vielle âgée de 72 ans, mère de 5 enfants, d’un air abattu raconte qu’elle a été accusée de « mangeuse d’âme » juste après la mort de son mari. Originaire de Kossodin (Koudougou), elle s’est vue chassée de la famille et de son village pour trouver refuge entre les mains des sœurs religieuses dans ce centre. « Je vis dans ce centre depuis 6 ans. Je souhaite rentrer chez moi, oui chez moi….. » soupire-t-elle avant de fondre en larmes.

Ces personnes du troisième âge mènent des activités de jardinage, de filage de coton, de préparation de soumbala pour éviter de sombrer dans le désespoir afin de réduire leur existence. Elles ont toutes émis l’idée de retourner vivre dans leur famille. Au cours de cette année, le centre a enregistré 10 décès, 5 femmes qui ont réintégré leur milieu de vie par l’accompagnement du ministère des droits humain et le comité de justice et réconciliation. Par la même occasion, le centre accueille 9 nouvelles.

Dofinitta Augustin Khan (Stagiaire)

Lefaso.net

Source : lefaso.net

Faso24

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