Droits humains : L’ONG Save the Children en lutte contre les mariages précoces des jeunes filles au Burkina


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L’ONG Save the Children International a officiellement lancé son projet dénommé : « Réduire les mariages d’enfants, précoces et forcés au Burkina Faso et en Sierra Leone (CEFM-GAC) ». C’était le mardi 20 octobre 2020 à Bobo-Dioulasso, au cours d’une cérémonie présidée par le gouverneur de la région des Cascades, Joséphine Kouara Apiou/Kaboré. Ce projet est mis en œuvre au Burkina Faso, dans les régions des Hauts-Bassins et des Cascades.

Le mariage d’enfants est une réalité au Burkina Faso et particulièrement dans les régions des Hauts-Bassins et des Cascades. En effet, malgré les efforts du gouvernement et des services techniques et déconcentrés, le phénomène a toujours la peau dure dans ces deux régions concernées par le projet. Selon le gouverneur de la région des Cascades, Joséphine Kouara Apiou/Kaboré, le Burkina Faso fait partie des cinq pays africains les plus affectés par le mariage d’enfants. « 52% des filles de 20 à 24 ont été mariées pour la première fois avant l’âge de 18 ans. Toutes les régions du pays sont concernées par le phénomène mais à des degrés différents », a-t-elle souligné.

Selon l’enquête démographique et de santé (EDS 2010), les prévalences du mariage parmi les filles âgées de 15 à 17 ans vivant en milieu rural étaient de 51% au Sahel contre 21% dans les Cascades et 6% dans les Hauts-Bassins. C’est face à cette réalité que l’ONG Save the Children intervient en appui au ministère en charge de la protection de l’enfant, à travers son projet : « Réduire les mariages d’enfants, précoces et forcés dans les régions des Hauts-Bassins et des Cascades ». Ainsi, en sa qualité de partenaire de développement auprès du gouvernement burkinabè, Save the Children souhaite toujours lui apporter son soutien dans ses efforts de lutte pour éradiquer le phénomène.

Les participants à la cérémonie de lancement du projet CEFM-GAC

Protéger les enfants à travers la réduction des mariages précoces

Sayouba Guira est le directeur des partenariats et des financements à Save the Children. À cette cérémonie, il a représenté la directrice pays de Save the Children au Burkina Faso. Selon lui, le projet CEFM-GAC a pour but de réduire le mariage d’enfants au Burkina Faso et de permettre aux adolescentes de 10 à 18 ans, de décider de leur avenir tout en jouissant des droits égaux. Il a pour objectif d’habiliter ces adolescentes à prendre des décisions éclairées en matière de mariage et de grossesse dans un environnement social amélioré et institutionnel renforcé qui agit sur l’égalité des sexes et la prévention des mariages d’enfants.

Ce projet a une durée de trois ans (2020-2023). Il est financé par le gouvernement canadien à travers Affaires mondiales Canada (AMC) à hauteur de plus de cinq milliards de Francs CFA pour les deux pays (Burkina Faso et Sierra Leone), dont environ deux milliards pour le Burkina Faso. Sayouba Guira a par ailleurs déploré le fait que ce phénomène freine et anéantit l’avenir de ces enfants, bâtisseurs de la cité de demain. À l’en croire, les causes du mariage d’enfants sont multiples. « Les causes constantes sont les facteurs traditionnels et religieux, les causes économiques notamment la pauvreté, car la fille est souvent considérée comme un fardeau pour la famille. Pourtant, c’est une pratique qui présente des conséquences graves et néfastes sur la vie des adolescentes, dont le risque de mourir des suites de grossesse, la forte fécondité, la mortalité maternelle et infantile, la fistule obstétricale », a-t-il déploré.

Marc le Blanc, deuxième secrétaire à l’ambassade du Canada au Burkina Faso

En effet, selon l’annuaire statistique 2016 du ministère de la santé, la mortalité néonatale est évaluée annuellement à 4 050 décès de nouveau-nés. Quant à la mortalité maternelle, elle serait de 134,6 pour 10 000 parturientes. De manière globale, à travers ce projet, il sera réalisé des activités de mobilisation communautaire et de renforcement des capacités fondées sur une approche d’information, de communication et de plaidoyer afin de contribuer à lutter contre le mariage d’enfants dans les deux régions. Et ce, en rendant le milieu plus favorable, les services plus accessibles à la population avec une interopérabilité renforcée avec le rapportage des données statistiques.

Promouvoir l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles

Selon le deuxième secrétaire à l’ambassade du Canada, Marc le Blanc, par ailleurs, représentant de l’ambassadrice du Canada au Burkina Faso, ce projet s’inscrit dans la politique d’aide internationale féministe du Canada qui dicte les priorités canadiennes au Burkina Faso. Cette politique est fondée sur l’égalité des genres et la promotion du renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Il a souhaité que la contribution du Canada à la réalisation de ce projet soit bénéfique pour le Burkina Faso tout entier, mais surtout pour les jeunes adolescentes des régions des Hauts-Bassins et des Cascades, régions d’implémentation du projet. Pour cela, il a sollicité l’engagement des autorités religieuses et coutumières, politiques et administratives, judiciaires, militaires et paramilitaires pour que le projet soit une réalité.

La photo de famille à l’issue de la cérémonie

Marc le Blanc fait sien cette citation de Albert Einstein qui dit que : « le progrès n’aura aucun sens tant qu’il y a des enfants malheureux », car il estime que « pour qu’un pays puisse se développer, cela se fait avec la participation de tout le monde. Cela inclut les enfants parce que ce sont eux la solution du futur », a-t-il laissé entendre.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source : lefaso.net

Faso24


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