Assainissement : La Police de l’eau filtre les unités de production


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Créée par un décret en 2008, la Police de l’eau a vu le jour pour assainir le secteur de l’eau au Burkina Faso. L’objectif est de permettre aux populations de boire une eau et consommer tout produit liquide de qualité. Les 14 et 15 octobre 2020, nous avons suivi deux équipes de cette unité dans les régions du Plateau central, des Centre-Sud et Est, dans leur mission régalienne.

C’est une équipe pluridisciplinaire. La police de l’eau est composée de la police nationale, la gendarmerie, les ministères de l’Eau et de l’Assainissement, du Commerce, de la Justice, de l’Environnement et de la Santé. Ces agents réalisent généralement des contrôles inopinés dans les unités de production d’eau et la gestion des barrages.

À Gogo, un village situé dans la commune de Gombousgou (dans la région du Centre-Sud), il y a une unité de production d’eau minérale « O’Kira ». À l’aide d’un kit mobile, les agents de la Police de l’eau ont suivi le paramétrage de cette eau minérale. Dans cette entreprise, sur quinze points vérifiés en termes de documentations, seulement deux ne sont pas conformes, a notifié Ousseini Kafando, ingénieur en génie rural à la direction de l’eau et de l’assainissement du Centre-sud. Il s’agit du non-paiement de la taxe parafiscale et le manque de protocole d’analyse avec un laboratoire. Ainsi, l’entreprise a reçu l’avis favorable de continuer à produire et commercialiser son eau. Toutefois, elle devra se mettre à jour.

L’équipe de la Police de l’eau du Centre-Sud et leur kit de travail posé le banc

Toujours dans le Gombousgou, une marque dénommée « Eau Santé » qui a été fermée il y a quatre mois, a rouvert ses portes le 6 octobre 2020. Il s’est agi de la question d’hygiène. « Il était impensable qu’on puisse produire de l’eau pour la consommation humaine », s’est indigné Ousseini Kafando.

Une amende entre 10 000 à 150 000 francs CFA

Dans le Centre-Est, la Police de l’eau a été installée en décembre 2017. En trois ans, cette unité dresse un bilan positif. Selon le directeur régional de l’Eau et de l’Assainissement, Fidèle Kouama, ce sont 62 unités de production d’eau préemballées qui ont été identifiées et contrôlées sur le respect de la règlementation en matière de production et de commercialisation. « Six unités ont été suspendues et trois unités fermées pour non-respect de la règlementation », a précisé Fidèle Kouama.

Ousseini Kafando, ingénieur en génie rural à la direction de l’eau et de l’assainissement du Centre-sud

Une unité de production d’eau hors-la-loi court une amende entre 10.000 à 150.000 francs CFA. Lorsqu’une entreprise qui est fermée ou suspendue prend en compte les recommandations et se conforme, elle peut voir ses portes rouvertes. C’est le cas de « Eau Nira » qui était un « ancien mauvais exemple » en la matière. Dans l’après-midi du jeudi 15 octobre 2020, « Eau Nira » a reçu une autorisation de réouverture suite à une mission de contrôle de la Police de l’eau.

De bons exemples de la gestion de barrages

Les barrages du Burkina Faso font également objet d’un contrôle régulier. La Police de l’eau veuille sur la sauvegarde de la bande de servitude. Les exploitants des berges sont tenus de respecter l’interdiction de pratiquer le maraichage à 100 mètres des barrages. Dans le but de mettre chacun face à ses responsabilités, les Comités d’usagers d’eau (CUE) et les Comités locaux d’eau (CLE) sensibilisent leurs pairs sur la bonne gestion des barrages.

Une équipe de la Police de l’eau du Plateau central a rouvert les portes de l’unité production « Eau Nira »

Dans la commune de Lalgaye, dans la région du Centre-Est, la bande de servitude du barrage de Lalgaye a été protégée grâce aux CUE et à la Police de l’eau. « Le travail de la bande de servitude est un travail continu. Chaque semaine, deux membres du CUE font la patrouille pour veiller au respect de la bande », a indiqué Gilbert Sebgo, le président du CUE de Lalgaye, qui se réjouit des efforts consentis.

En plus de Lalgaye, il existe d’autres barrages qui ont pu protéger leurs bandes de servitude. C’est le cas de Ziga (dans le Plateau central), de Bidiga (dans le Centre-Est).

Le barrage de Lalgaye est un exemple de protection de la bande de servitude

La police de l’eau, il faut le rappeler, est un moyen de coordination des actions entreprises par les services existants chargés des missions de prévention, de contrôle et de répression, dans la mise en œuvre de la législation en matière de ressources en eau. Cette unité contrôle également les jus, l’occupation anarchique au niveau des berges et la protection des ouvrages et produits des sites d’orpaillage.

Sur le barrage de Kierma, dans le Bazèga, la protection de la bande de servitude n’est pas encore au rendez-vous

Cryspin Masneang Laoundiki

Lefaso.net

Source : lefaso.net

Faso24


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