Santé reproductive : Le COVID-19 impacte la fréquentation du Centre d’écoute de l’ABBEF Ouaga


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L’impact du COVID-19 se fait ressentir dans plusieurs secteurs. Celui de la santé sexuelle et reproductive n’est pas épargné. Selon les données du rapport Goalkeepers 2020 de la Fondation Bill & Melinda Gates, « les services de santé ont désormais du mal à fournir des services de planification familiale notamment en Afrique de l’Ouest ». Au Burkina Faso, nous nous sommes rendus au centre d’écoute pour jeunes de l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF) à Ouagadougou. Constat !

Il est 10h ce jeudi 29 septembre 2020. Plus que trois engins parqués devant le bâtiment du centre d’écoute pour jeunes de l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF) sis au quartier Paspanga, Avenue Thomas Sankara, route de l’hôpital Yalgado.

Les engins appartiennent au personnel de la structure, confie le gérant du parking. Aucun client ou visiteur ne s’est encore pointé depuis le matin. « Généralement, à cette heure, le parking est plein », souffle le parqueur.


C’est deux heures après, vers midi, qu’une dame frisant la trentaine et portant un cache-nez se présente dans les locaux du « ghetto pour jeunes ». Elle est une habituée du coin. Estelle Traoré (nom d’emprunt) vient généralement pour des consultations en planification familiale ou pour se procurer des préservatifs féminins ou masculins.
« On note une sorte de désertion des jeunes au centre »

Mère de deux enfants et vivant en concubinage, Estelle a décidé, d’un commun accord avec son partenaire, de ne pas avoir d’enfant avant 2025. « C’est un choix personnel appuyé par mon chéri », lâche-t-elle, sourire au coin. Elle est reçue par les services habilités du centre et ressort l’air satisfaite.

Il s’agit de la toute première cliente du centre depuis 7h30. « Depuis l’avènement du COVID-19, nos activités sont au ralenti. Les clients viennent au compte-gouttes. Mais on fait avec. En tout cas, on note une sorte de désertion des jeunes au centre », affirme Simon Yaméogo, animateur social au centre d’écoute pour jeunes de l’ABBEF, un centre ouvert depuis 1992.

Avec une porte d’entrée principale au côté Ouest et une autre à l’Est, à l’arrière, il est plus discret de se rendre dans ce Centre.

L’ABBEF est l’une des structures pionnières au Burkina Faso dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive notamment la planification familiale des jeunes et des adolescents.

Un café-restau, des espaces de jeux de loisirs (babyfoot, awalé, dames, etc.), une bibliothèque, un cybercafé, un canal vidéoclub (foot en direct, projections de films) et une salle d’attente équipée d’une télévision permettent d’attirer, de rassembler, d’écouter et de sensibiliser les visiteurs notamment les jeunes sur leur vie sexuelle et reproductive. Mais, toutes ces installations commencent à souffrir de la poussière avec l’avènement de la pandémie de COVID-19.

Des mesures prises pour éviter de probables contagions

Les besoins récurrents des visiteurs de ce lieu sont généralement des demandes de services en conseils, offres de services en planification familiale (PF), soins maternels et infantiles, consultations gynécologiques, prise en charge des cas d’avortements faits clandestinement par les clients, prise en charge des IST, VIH/SIDA, etc.

Le centre qui accueillait par jour en moyenne 50 clients de tout sexe, selon ses responsables, peine à renouer avec son affluence d’autrefois. La faute au COVID-19 ! Plusieurs besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont rapportés.

 

« Notre clinique du centre d’écoute pour jeunes sis au quartier Paspanga fonctionne dans une situation de crise. Elle a pris des mesures pour éviter de probables contagions dans nos locaux. Ce qui limite énormément le nombre de consultations journalières des jeunes », confie depuis mars 2020 Oumar Tao, Président de la Sous-région Afrique de l’Ouest francophone du Mouvement d’action des jeunes (MAJ) et membre du réseau international des jeunes ambassadeurs pour la SSR et la Planification familiale. 

Le rapport Goalkeepers 2020 de la Fondation Bill & Melinda Gates vient appuyer les dires du jeune membre du MAJ de l’ABBEF : Le nouveau coronavirus et ses corollaires ont impacté le domaine.

« Le Burkina Faso est un partenaire très important de la Fondation Bill et Melinda Gates »

Selon ledit rapport, la proportion de femmes en âge de procréer (15-49 ans), dont les besoins en matière d’accès à la contraception sont satisfaits par les méthodes modernes, était de 78% en 2019. Toujours d’après le rapport, ce chiffre est en baisse depuis mars 2020 et le meilleur scénario serait de maintenir ou de ramener ce chiffre à 78% d’ici à 2030.

Au centre d’écoute où nous nous sommes rendus, il y a eu 61 clients en mars 2020. D’avril à juin 2020, 214 clients ont été enregistrés. Et de juillet à septembre 2020, 154 clients ont été enregistrés.

Mais l’espoir renaît avec la confiance des partenaires et amis du Burkina Faso. Dans une interview récente accordée au quotidien d’Etat, Sidwaya, Cheikh Oumar Seydi, directeur Afrique de la Fondation Bill & Melinda Gates, affirme que l’organisation continuera d’accompagner les efforts du Burkina Faso dans le domaine de la planification familiale.

« Le Burkina Faso est un partenaire très important de la Fondation Bill et Melinda Gates et nous allons continuer à accompagner ce pays dans la mesure de nos possibilités », lit-on dans les colonnes du journal Sidwaya à la date du 22 septembre 2020.

En attendant, le centre d’écoute pour jeunes de l’ABBEF poursuit ses activités dans le respect des mesures barrières édictées par le gouvernement et les autorités sanitaires.

Noufou KINDO

Burkina 24

Source : Burkina24.com

Faso24


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