Corruption au Burkina Faso : Voici six témoignages dans le rapport 2019 du REN-LAC


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La corruption est un phénomène qui prend des proportions inquiétantes au Burkina Faso. En témoignent les nombreux cas répertoriés dans le rapport 2019 sur l’état de la corruption au Burkina Faso. Nous vous proposons six témoignages contenus dans le rapport et qui ont retenu notre attention.

Professeur des lycées et collèges : « Pour avoir le matricule, si tu ne connais pas quelqu’un à la DRH (Direction des ressources humaines, ndlr) c’est la croix et la bannière. J’ai été victime. J’ai un promotionnaire de l’ENSK (Ecole normale supérieure de Koudougou, ndlr) qui m’a dit qu’il a eu son numéro matricule grâce à son ami qui travaille à la DRH. Moi je me suis levé, je suis allé à la DRH précisément à la porte où est inscrit « Matricule », je leur ai dit que je suis venu pour chercher mon numéro matricule. Des agents de cette DRH m’ont répondu que les matricules ne sont pas encore disponibles. Ils ont ajouté que d’aller prier Dieu pour qu’on me mandate et que ça viendra avec le mandatement, en dépit du fait que je leur ai répondu que j’ai un promotionnaire qui a pourtant déjà obtenu son numéro matricule. Par hasard en ressortant de ce bureau, j’ai croisé un autre promotionnaire avec qui j’ai fait le master à l’Université Joseph Ki Zerbo à qui j’ai expliqué l’objet de ma venue à la DRH. Sur le champ, il m’a amené dans son bureau en un clic sur son ordinateur, il m’a remis mon numéro matricule. »

Indépendant de 32 ans à Ouagadougou : « Au cours de cette année, j’ai eu un contrat de pause-café au niveau d’un ministère dans le cadre d’une formation. C’est après cela que trois agents dudit ministère sont venus successivement me voir. Le DAF (Directeur Administratif et Financier, ndlr) m’a demandé deux cent mille (200 000) FCFA, le chargé des appels d’offres m’a demandé vingt-cinq mille (25 000) francs et le gestionnaire des salles, dix mille (10 000) francs CFA. En tout j’ai été contraint de remettre deux cent trente-cinq mille (235 000) francs CFA puisque je craignais de ne plus avoir de marché ou que mon chèque ne traîne là-bas. »

Retraité de 65 ans à Bobo-Dioulasso : « En février 2019, je suis allé à la CARFO de Bobo pour mes problèmes de pension de retraite et ma rente d’incapacité car je gagnais uniquement la pension de retraite mais pas la rente d’incapacité qui devait s’ajouter … et c’est là qu’un agent me propose de donner 25 000 FCFA pour qu’il règle ce problème le plus tôt possible. J’étais obligé après négociation de payer 15 000 FCFA pour que ce problème soit résolu. »

Salarié de 28 ans à Gaoua : « En juin 2019, mon papa est décédé et on a amené le corps à la morgue d’un CHR et l’agent de santé de la morgue m’a prescrit une liste de produits à payer, ceux que j’ai eus ont coûté vingt-huit mille (28 000 francs CFA. L’agent a complété les produits qui manquaient et m’a fait la somme de cent mille (100 000) francs CFA sans reçu. »

Indépendant de 40 ans à Kaya : « Au début de l’année 2019, les agents du service de recouvrement des impôts ont fermé mon entreprise de pressing pour un non-paiement de frais d’impôt. Or la loi n°012-2010/AN du 01/04/2010 portant protection et promotion des droits des personnes handicapées, m’épargne des charges d’imposition pour cause de handicap. Je leur ai fait part de cette loi malgré tout, j’étais obligé de leur remettre la somme de dix mille (10 000) francs CFA qu’ils ont encaissée sans quittance. »


Lire aussi : Etat de la corruption au Burkina en 2019 : Et le bonnet d’âne revient à la Police municipale


Lefaso.net

Source : lefaso.net

Faso24


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