Entrepreneuriat des jeunes : Bientôt un forum dans la ville de Nouna


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Au cours de son Assemblée générale tenue, le samedi 26 septembre 2020, à Ouagadougou, la fédération des jeunes entrepreneurs du Faso (FJEF) a fait le point de l’organisation de sa première grande activité prévue les 23, 24 et 25 octobre 2020 à Nouna. Cette AG a été également l’occasion pour les participants d’élire Roland Koné à la tête du Comité exécutif national. Curieux et ambitieux, cinq étudiants ont exprimé le désir de rejoindre la fédération des jeunes entrepreneurs du Faso.

Cette fédération, rappelons-le, a été créée par Goussa Adama Gérard, jeune burkinabè résident à Dakar, au Sénégal. Il en est le coordonnateur national. La fédération a pour slogan « Oser, persévérer et réussir ». Elle est présente dans plusieurs villes du Burkina et à l’étranger comme à Dakar, au Ghana, en France, en Afrique du Sud, au Canada, aux Etats-Unis, au Japon. Pour mieux connaître cette fédération et en apprendre davantage sur le Forum de Nouna, nous nous sommes entretué avec Goussa Adama Gérard, à l’issue de l’Assemblée générale, le samedi 26 septembre.

Lefaso.net : Pourquoi la création d’une fédération qui regroupe des jeunes entrepreneurs burkinabè ?

Goussa Adama Gérard : Aujourd’hui, il n’y a pas mal d’associations qui naissent et qui meurent. J’ai eu l’idée de mettre en place une fédération qui va aider les jeunes à s’associer, faire appel à toutes les associations qui meurent et qui œuvrent dans la promotion de l’entrepreneuriat au niveau de la jeunesse pour leur permettre d’avoir gain de cause quand elles plaident auprès des institutions nationales, privées et internationales. Quand on est jeune, on doit entreprendre, ainsi on aura plus de crédibilité à être accompagné.

Lefaso.net : Quelles sont vos ambitions ?

Goussa Adama Gérard : L’ambition de la fédération est de mettre en place un plan d’actions qui va s’adresser au gouvernement pour qu’il aide les jeunes à accompagner leurs projets, développer l’entrepreneuriat au niveau national et de la diaspora et accroître l’économie. Nous sommes présents dans les villes du Burkina et les pays où la diaspora est très dynamique. L’idée, c’est de regrouper tous les entrepreneurs au sein des diasporas et de mettre en place des projets innovants pour faire rentrer des devises au Burkina Faso. A l’extérieur, les gens apprécient énormément les articles locaux burkinabè. Si on crée par exemple une maison de promotion de produits burkinabè, ça va marcher. Le Burkinabè est très apprécié à l’étranger pour son intégrité et son amour pour le travail.

Lefaso.net : Combien de membres compte la fédération et comment en devient-on membre ?

Goussa Adama Gérard : La fédération compte aujourd’hui plus de 100 membres. Nous avons un Conseil d’administration et un Comité exécutif national. Pour être membre de la fédération, il suffit de respecter nos statuts et règlement intérieur et épouser notre vision. Une fois que c’est fait, vous remplissez un formulaire d’adhésion et payez les frais d’adhésion. Pour les associations, ils s’élèvent à 15 000 F CFA et 7 500 F pour les personnes physiques. Pour la cotisation mensuelle, les associations doivent contribuer à hauteur de 2 000 F et les personnes physiques doivent donner 1 000 F.

Lefaso.net : Pour le lancement officiel de vos activités, vous prévoyez l’organisation d’un forum des jeunes entrepreneurs du Faso dans la ville de Nouna les 23, 24 et 25 octobre 2020. D’abord pourquoi le choix de la ville de Nouna ?

Nouna, parce que la majeure partie des membres viennent de cette ville. Moi même, je suis natif de Nouna. Et comme on le dit, la charité bien ordonnée commence par soi. Je vais chercher les bénédictions à Nouna pour poursuivre les autres éditions dans les treize régions du Burkina.

Goussa Adama Gérard, coordonnateur national de la fédération des jeunes entrepreneurs du Faso

Lefaso.net : Quel est le programme des activités prévues à ce forum ?

Goussa Adama Gérard : Pour cette première édition, nous avons prévu d’abord une conférence qui sera animée par neuf panelistes dont trois qui viendront de Dakar et six qui sont à Ouagadougou. Il est également prévu une foire d’exposition des jeunes entrepreneurs. Cette foire va concerner les jeunes de Nouna mais aussi des jeunes qui sont de la fédération. Les associations qui sont dans la production agricole sont également attendues.

Lefaso.net : Où en êtes-vous vous avec les préparatifs ?

Goussa Adama Gérard : Le ministre de la jeunesse a donné son accord. Nous avons également une audience avec le ministre des Burkinabè de l’Exterieur et celle en charge du Développement de l’Economie numérique et des Postes. Actuellement nous n’avons pas grand chose dans la caisse vu que nous avons déjà organisé une formation en bureautique avec nos ingénieurs informatiques. Actuellement nous n’avons pas vraiment grand chose mais nous avons foi que le forum aura bel et bien lieu.

Lefaso.net : En tant que jeune, dites nous quelles sont les difficultés auxquelles la jeunesse est confrontées dans le domaine de l’entreprenariat ?

Goussa Adama Gérard : Aujourd’hui au Burkina Faso, être jeune c’est bien, mais c’est plus difficile de bénéficier d’un accompagnement. Il faut connaître quelqu’un qui connaît quelqu’un pour que tu puisses voir la personne que tu désires voir. Il n’est pas question pour toi de te lever et arriver au secrétariat d’un service et demander à voir quelqu’un. Il faut prendre audience. On enregistre ta demande et c’est souvent au bout d’un mois, deux mois et on ne te rappellera plus.

C’est un problème majeur que les jeunes rencontrent aujourd’hui. Il y a des jeunes leaders qui veulent entreprendre, qui ont des projets innovants mais qui n’ont pas de financement. Il y a même des structures qui, au lieu d’accompagner les jeunes, donnent leurs projets à des bailleurs de fonds. Et le réel porteur de projet se retrouve perdant. Ce jeune là voit que son projet est réalisé ailleurs mais il n’y peut rien. La fédération lutte contre ces fléaux. Nous pensons qu’ensemble nous allons y arriver.

Lefaso.net : Autorité de ce pays, que feriez-vous pour changer la donne ?

Goussa Adama Gérard : Si j’étais dans les instances de décisions de ce pays, j’allais regrouper les jeunes en domaines. Par exemple, former les jeunes qui sont dans le domaine des TIC. Ainsi, ils pourront porter un projet et bénéficier plus facilement de financement. C’est mieux que d’avoir des projets individuels qui seront détournés au profit des bailleurs de fonds.

Lefaso.net : Nous sommes à la fin de cet entretien…

Goussa Adama Gérard : Je demande aux autorités d’écouter la jeunesse. L’écouter, c’est l’accompagner. La jeunesse burkinabè est compétente mais il lui manque des financements. L’économie du pays repose sur la jeunesse.

J’appelle également les jeunes à être dynamiques, solidaires et disponibles. Rien ne sert de se droguer ou de boire le thé à longueur de journée. Ensemble, bâtissons un Burkina meilleur, celui que nous voulons léguer aux générations futures.

Propos recueillis par HFB

Lefaso.net

Source : lefaso.net

Faso24


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