Tribune – “Droit de réponse aux intellectuels complexés à la solde de l’ impérialisme occidental”


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Les réactions continuent suite à la publication de la tribune de Abdoulaye Ouédraogo et Daouda Ouédraogo sur la coopération entre le Burkina Faso et la Chine. Cette fois-ci, c’est Abdoul Razahagou Déné du Club des jeunes pour la promotion de la coopération sino-burkinabè qui donne de la voix.

Le 24 septembre 2020, vous avez publié un article en rapport avec la coopération Sino-Burkinabé intitulé “Droit de réponse au CAPES à propos du partenariat Chine – Burkina“, dans ledit article, les auteurs prétendent vouloir apporter un éclairage sur les réalités de la coopération entre la République Populaire de Chine et le Burkina Faso sans toutefois apporter des arguments fiables et convaincants .

Dans un souci de sauvegarde des intérêts de notre pays, nous venons en guise de réponse avec cet article faire une autopsie sans complaisance de la coopération Chine-Afrique et également apporter des éclaircissements sur la nature des relations qui lient le Burkina Faso à la Chine, et cela à l’endroit de toutes ces personnes complexées à la solde de l’impérialisme occidental.

 Une trentaine d’années après l’arrivée en Afrique des institutions financières internationales comme la Banque mondiale et le FMI, l’Afrique se trouve toujours à la croisée des chemins. Pourtant beaucoup de recettes de développement ont été essayées avec ces institutions. S’il est vrai que les peuples demeurent obscurement stériles selon qu’ils refusent l’autodétermination , les peuples africains toujours au rendez-vous des grandes luttes sont des symboles de travail, de courage et de détermination, mais les résultats de leurs différents efforts restent peu satisfaisants. Ainsi pour certains observateurs et analystes comme le Pr Jean Paul Pougala, l’une des raisons fondamentales qui justifie ces différents résultats est le choix des partenaires économiques. À analyser en toute objectivité les différents accompagnements accordés aux pays africains, on est en droit de dire qu’aujourd’hui, le développement de l’Afrique est une question de choix décisifs de partenariat, non pas dans un esprit de paternalisme excessif mais dans un esprit géostratégique. Et parmi les partenaires incontestables et nécessaires à l’Afrique figure la Chine populaire.

Plusieurs raisons expliquent une telle position que nous essayerons de développer dans les lignes qui suivent.

La présence de la Chine en Afrique

Conformément à sa vision de construire une communauté de destin pour l’humanité dans une coopération gagnant gagnant avec ses partenaires, aujourd’hui comme ces dernières années, la Chine multiplie ses investissements en Afrique. Ses différents investissements bien que profitables à l’Afrique font objet de plusieurs accusations à son encontre.

Des campagnes de discrédit sont savamment orchestrées par l’occident pour décrédibiliser la Chine en Afrique. Et en juillet 2013, dans les principales villes de Grande Bretagne, une grande campagne a été menée à travers des affiches, des posters géants dans les aéroports, les stations de métro. Cette campagne payée par l’un des organes d’informations, le magazine britannique The Économist. Le titre de cette campagne était: BOOMING CHINESE INVESTIMENT IN AFRICA IS BAD FOR AFRICA.

Ces dernières années, se sont des intellectuels africains à la solde de l’impérialisme occidental qui relaient un florilège de mensonges sur  la coopération entre la Chine et l’Afrique. Ces intellectuels très souvent résidents en Occident sont à tel point aplatis sur les idées et opinions de leurs maîtres blancs qu’ils ne construisent leurs opinions de la Chine que sur des connaissances forgées à travers la propagande des médias-mensonges.

Toutes ces attitudes et comportements démontrent à quel point la présence de la Chine en Afrique dérange l’occident qui avec ses institutions prédatrices défend une vieille idée de l’Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s’accommode volontier d’une misère de masse.

L’occident ayant compris la vision de la Chine, celle de faire de l’Afrique la vitrine de sa puissance économique et un des piliers de sa superpuissance en construction hors d’Asie, exactement comme les USA avaient fait de l’Europe occidentale après la seconde guerre mondiale avec le plan Marshall, il se bat mordicus pour l’empêcher d’aider l’Afrique et cela à travers les médias-mensonges. Mais il faut reconnaître le courage et la bravoure de certains intellectuels comme le Pr Jean Paul Pougala qui à travers des enseignements guide les pas de la jeunesse africaine et Burkinabè. Les Chefs d’États Africains dans une certaine lucidité géostratégique sont en train de comprendre de la nécessité de renforcer les liens avec la Chine populaire pour la construction de leurs pays.

La Chine compte-t-elle coloniser l’Afrique?

Il arrive un moment où il faut quitter les fausses accusations non fondées et saugrenues.

Les intellectuels africains qui accusent la Chine d’avoir des attitudes coloniales n’arrivent toujours pas à apporter des arguments et des preuves convaincantes pour justifier leurs accusations.

Très souvent avec des arguments pleins de suspicions et contestables, ils refusent la réflexion profonde et la recherche de l’information vraie.

Posons nous la question à savoir que gagnerait la Chine en colonisant l’Afrique?

La Chine a-t-elle eu besoin de coloniser ou exploiter les ressources naturelles d’un pays pour être une puissance économique?

Telles sont les réflexions élémentaires qu’il faut pour comprendre les vraies raisons de la présence Chinoise en Afrique.

Contrairement à ce qu’on peut penser à première vue, la relation entre la Chine et les pays africains sont plutôt des opérations de géostratégie pour affaiblir le système de prédation occidentale. Pour mieux cerner la démarche chinoise, il suffit de chercher à comprendre le rôle de la République Populaire de Chine dans le développement économique des pays comme le Brésil, l’Inde et le Rwanda.

C’est la Chine qui a fait du Brésil ce qu’il est aujourd’hui, il y a des milliards qui ont été mis sur table que le FMI n’aurait jamais mis sur table. La Chine a permis au Brésil d’être désenclavé sur sa côte pacifique facilitant son développement. On nous parle de l’Inde souvent sans nous édifier sur le rôle de la Chine dans le développement économique de cette Inde.

Si la présence de la Chine en Afrique justifie sa volonté de coloniser le continent africain, on pourrait affirmer sans crainte que l’Europe est sous d’administration coloniale Chinoise car la cartographie des entreprises chinoises en Europe en dit tout. Et surtout, pendant cette periode de COVID-19, on est sans ignorer l’aide de la Chine envers l’europe et le monde dans la lutte contre ce virus.

Jusqu’à preuve du contraire, la philosophie chinoise sur la diplomatie internationale ne laisse aucun doute qu’elle mérite une confiance au stade actuel car comme le souligne le Président XI JINPING : « Quelque soit son niveau de développement, la Chine ne recherchera jamais l’hégémonie ni l’expansion, et elle n’imposera jamais à autrui les tragédies qu’elle a vécues. Le peuple chinois vivra toujours en bons termes avec les autres peuples du monde, défendra fermement les acquis de la victoire de la Guerre de résistance contre l’agression japonaise et de la Guerre mondiale antifasciste, et rapportera une nouvelle contribution encore plus importante à l’humanité.» in Gouvernance de la Chine II,page 559.

Endettement des pays africains et prêt chinois.

L’un des arguments avancé pour décrédibiliser la Chine, est le fait qu’elle accorde trop de prêts aux pays africains avec pour but de les mettre en faillite afin de les manipuler à sa guise. Un argument ridicule et stupide pour tout esprit lucide.

De tous les partenaires de l’Afrique, on peut affirmer que la Chine est la plus transparente sur les termes des accords.

Premièrement, contrairement aux prêts occidentaux qui sont d’une partaccompagné de conditions de fournitures d’équipements et d’autres part assortis de taux d’intérêt exorbitants et un délai de remboursement très court, la Chine accorde des prêts important à très long terme avec des taux d’intérêts acceptables sans conditions, à l’exception de la reconnaissance du principe de la Chine unique. Elle fait preuve de flexibilité dans le remboursement et va souvent jusqu’à annuler certaines dettes comme le cas du Cameroun en 2019.

Deuxièmement, le niveau moyen de dettes pour les pays développés a atteint jusqu’à 226% et 168% pour les pays émergents. Et actuellement le taux de remboursement de la dette des pays africains représente à peu près 12% de PIB, il est donc évident que les États Africains n’ont pas de problèmes de dettes. Au contraire, ils en ont énormément besoin pour investir dans les secteurs productifs afin de générer de la richesse.

Troisièmement, la Chine n’a obligé aucun pays à contracter des dettes auprès d’elle, comme le boutiquier du quartier qui n’oblige personne à s’endetter. C’est en toute indépendance et en toute souveraineté que nos Etats s’orientent vers la Chine pour des prêts, cela pour les raisons valables.

Enfin il faudrait qu’on retienne que la gestion rationnelle d’un prêt n’est pas de la responsabilité du créancier, l’utilisation du prêt chinois contrairement aux prêts occidentaux est de la charge des dirigeants africains. Le Ghana et le Rwanda sont des exemples palpables, tous se positionnent comme pays émergent grâce aux prêts chinois.

Aux intellectuels africains

La Chine est devenue le principal partenaire commercial de l’Afrique ces dernières années, en 2017 ses échanges avec le continent ont atteint 170 milliards de dollars, en hausse de 14%. Son partenariat avec l’Afrique a favorisé l’essor de certains pays comme le Ghana et le Rwanda. Et selon la China Africa Recheach Initiative de l’université de Johns Hopkins, la Chine a prêté 94 milliards de dollars à l’Afrique entre 2000 et 2015, ce qui a permis naturellement la construction de plus de 6 200 kilomètres de voies ferrées et 5 000 kilomètres de routes.

Il faudrait que nous ayons l’intelligence de savoir toutes les ouvertures que la Chine nous offre et travailler très dur pour sortir la tête hors de l’eau et le plus tôt possible, au cas où elle viendrait à changer d’idée. L’intellectuel africain doit quitter la victimisation stérile et la pusillanimité, avoir la pédagogie de quitter les vieilles méthodes obsolètes.

Les chinois nous montrent que pour plier nos prédateurs, il n’y a pas mieux que la sueur de notre front, il n’y a pas mieux que le résultat de nos actions mises ensemble pour construire nos pays. Avoir un partenaire stratégique comme la Chine ne veut signifier nullement que c’est elle qui viendra faire le travail à notre place.

Le combat contre la pauvreté n’est pas un combat contre un peuple ni contre une race, mais un combat contre un système et le meilleur système qui pourrait aider l’Afrique au stade actuel, c’est le système que nous propose la Chine car il en a fait ses preuves en Asie Orientale.

Pour le CLUB DES JEUNES POUR LA PROMOTION DE LA COOPERATION SINO-BURKINABE (CJPC-BF)

le Coordonnateur General, Abdoul Razahagou DENE

E-mail : [email protected]

Ouagadougou le, 01 Octobre 2020.

Source : Burkina24.com

Faso24


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