Affaire Zida: « Personne ne peut m’empêcher de rentrer dans mon pays… » (Pascal Zaïda, Itw)


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Pascal Zaida est le Coordonnateur national du Cadre d’Expression démocratique (CED) et membre fondateur de la coordination nationale des OSC pour la patrie et enfin, le secrétaire national chargé des plaintes et du suivi des réclamations au niveau de la league des consommateurs au Burkina Faso. Dans cette interview accordée à votre organe Minute.bf la semaine dernière, il est revenu sur la question de la réconciliation qui devrait être, pour lui, le soubassement d’un Burkina uni, prospère et de paix. La question des élections et du retour de Yacouba Isaac Zida a été abordée au cours de cet entretien qui a duré pendant une trentaine de minutes. Lisez-plutôt !

Minute.bf : Nous avons constaté à une période, qu’il y avait deux cadres d’expressions démocratiques, pouvez-vous nous dire ce qu’il en était concrètement ?

P. Zaïda : Il n’y a jamais eu deux Cadres d’expression démocratique. Depuis 2016 à aujourd’hui, c’est le même cadre d’expression démocratique que vous avez vu. C’est vrai que certains viennent pour apprendre, d’autres aussi viennent pour des intérêts particuliers et lorsque certains estiment qu’ils ne trouvent pas leur compte, évidemment, ils sont libres de repartir comme ils sont venus ; cela fait partir également de la démocratie. Le jeu que nous jouons, c’est de contribuer à éduquer, à former et à sensibiliser la jeunesse autour des idéaux que nous défendons.

Minute.bf : Vous avez organisez une marche en 2017. Cette marche était interdite par les autorités mais vous avez tenu mordicus à organiser la marche. Le jour de la marche, certaines personnes étaient contre et Pascal Zaïda a été arrêté par la police. Depuis lors, on n’entend plus trop parler de vous. Qu’est-ce qui s’est passé ?

P. Zaïda : Pour ceux qui ne me connaissent pas, peut-être, peuvent penser que je suis discret. Chaque homme, chaque individu à sa manière de vivre et de fonctionner, donc, je suis égale à moi-même et je parle quand c’est nécessaire. Je ne parle pas parce qu’il faut parler, je ne parle pas aussi pour faire plaisir à quelqu’un. Et pour revenir à l’histoire de la marche meeting que nous avons voulu organiser qui a été autorisée et interdite après par la mairie, je pense que c’est du passé ; mais comme vous êtes revenu là-dessus, l’histoire a fini par nous donner raison. C’était pour dénoncer la mal gouvernance, la question des tribunaux d’exception, la question du terrorisme et surtout la question de la liberté d’expression, et je pense que ce que nous avons voulu dénoncer hier ou avant-hier, est devenu aujourd’hui une réalité. Donc, le passé appartient à l’histoire et nous sommes sur d’autres chantiers pour un Burkina meilleur.

Minute.bf : Quels sont ces chantiers ?

P. Zaïda : Nous sommes en train de voir comment le Burkina Faso va aller sur le terrain de l’émergence. Nous voulons qu’il y ait un Burkina où les jeunes sont unis, où tout le monde est uni, nous voulons un Burkina uni et non un Burkina divisé comme c’est le cas aujourd’hui. Notre combat, c’est d’avoir un Burkina réconcilié avec ses filles et ses fils.

Minute.bf : Quand vous parlez de réconciliation, nous voyons l’organisation que vous avez créée avec Safiatou Lopez pour demander la réconciliation, la paix sociale et le vivre ensemble ; et à entretemps, Pascal Zaida a rebroussé chemin. Qu’est ce qui s’est réellement passé ?

P. Zaïda : Je n’ai jamais rebroussé chemin… C’est vrai qu’on ne revendique pas la paternité de quelque chose mais pour la question de la réconciliation nationale, ce n’est pas que je me vente, nous avons été l’un des premiers acteurs à chanter ce mot partout, pendant qu’il était difficile d’employer le nom de Blaise Compaoré parce que tu étais vu comme l’ennemi du peuple ; et quand il était également difficile de demander le retour de tous les exilés politiques, nous avons tout entendu et nous avons même été victimes des menaces. Mais il était quand même intéressant que ceux qui nous ont combattus sur ce mot se rendent compte à un moment donné qu’ils s’étaient trompés et qu’il était important que tout le monde regarde dans la même direction qui était le chemin de la réconciliation. Pour toute personne qui a toujours cette vision, nous ne voyons pas d’inconvénients de collaborer avec elle. Voilà pourquoi aujourd’hui, Marcel Tankoano et moi, nous sommes comme des frères jumeaux et tout ce que nous faisons est clair, il n’y a pas de coup bas entre nous. On mène un combat pour donner l’exemple de la réconciliation à nos ainés sur qui malheureusement la politique a pris le pas.

Pour la question de Safiatou Lopez, nous sommes toujours dans la même dynamique de la réconciliation, par contre, c’est la méthode qui ne sied pas avec la démarche qu’on avait entreprise. Jusqu’aujourd’hui, je ne cesse pas de l’écrire par moment pour avoir de ses nouvelles. Donc, c’est pour vous dire que je n’ai pas rebroussé chemin. C’est la méthode de fonctionnement de chacun qui n’est pas concordante avec sa vision, voilà pourquoi nous avons continué sur notre chemin et elle aussi poursuit son chemin. Mais la notion de la réconciliation est un élément qui nous rassemble tous et nous sommes toujours unis dans l’esprit.

Minute.bf : Pour vous, quelle est la méthode concrète qu’on devrait utiliser pour aller à la réconciliation ?

P. Zaïda : D’abord, la base a été fausse, puisse que la question de la réconciliation est un élément politique. Nous avons dès la transition fait savoir que le vrai problème du Burkina Faso, c’est l’exclusion qui a été opérée pour écarter l’ex parti majoritaire aux élections. Un pays où, pour des intérêts politiques on divise les fils pour faire plaisir à un camp, vous creusez le fossé dans lequel vous allez retomber. Cette notion d’exclusion a été une porte ouverte pour le terrorisme, et elle a également désuni les fils et les filles. Nous donc avons dit que le premier chantier de celui qui sera élu dans l’exclusion est d’abord de penser à la réconciliation.
Il suffisait seulement que le président Kaboré, dès sa prise de fonction, demande, à travers un message à la nation, que tous les exilés rentrent pour qu’on se parle, pour qu’on situe les responsabilités. Que ceux qui ont les dossiers judiciaires puissent aller répondre, et enfin, on se pardonne pour réconcilier le Burkina Faso. Malheureusement ils ont fait savoir qu’ils étaient au-dessus de tout le monde, et qu’ils pouvaient faire mieux. Aujourd’hui l’histoire a démontré par A+ B qu’ils se sont tiré une balle dans les pieds. Nous avons déclenché la question de la réconciliation pour amener les gens à comprendre le sens de se pardonner, de se mettre ensemble pour que cela impacte positivement sur les décideurs politiques. Malheureusement, que ce soit le président Kaboré ou le président du MPP (parti au pouvoir) aujourd’hui, ils en ont tous fait leur contre campagne. Quand on parle de réconciliation, ils disent qu’ils n’ont jamais chassé quelqu’un, pourtant, nous savons ce qu’il s’est passé. Aujourd’hui, ils ont le dos au mur. A l’heure où je vous parle, la question de la réconciliation est tard. Pour ceux qui parlent aujourd’hui du retour des exilés, il est tard. La réconciliation se fera mais sans le MPP parce qu’ils ont eu cinq ans pour le faire, mais ils ont refusé d’aller dans ce sens.
Nous sommes d’accord pour tout candidat qui mettra en priorité la réconciliation comme un élément de base, la question de la sécurité, la relance économique et front social. Mais le MPP a violé tous ces quatre chantiers. Nous regardons, avec tous les Burkinabè, le meilleur candidat, qui va nous proposer ces offres. Ce n’est qu’après ces élections présidentielles qu’on pourra effectivement faire rentrer tout le monde afin qu’on se parle, afin qu’on puisse discuter avec tout le monde pour unifier le Burkina Faso de sorte à retrouver notre vivre ensemble d’antan.

Minute.bf : A vous écouter, on a l’impression que la réconciliation concerne uniquement les politiciens. Il faut réconcilier les politiciens entre eux. Est-ce cela, votre réconciliation ?

Non. Ce n’est pas une question d’hommes politiques. D’abord il y a le Burkinabé, nous sommes tous des Burkinabè et pour des questions de divergence politique, ceux qui ne comprennent pas, voient cela comme de l’animosité. Le pouvoir en place a effectivement utilisé cette notion d’animosité pour inculquer dans l’esprit des gens que les autres sont des animaux. Ce qui a davantage creusé le fossé entre les Burkinabè. Vous savez qu’aujourd’hui, la question des djihadistes, nous l’avions déjà expliquée aux gens ; quand un pays est divisé, quand vous êtes désunis, l’ennemi profite pour rentrer. Lorsque vous êtes unis, il est difficile pour l’ennemi de rentrer. Maintenant, les tenants du pouvoir ont mis dans l’esprit des gens que ceux qui ne sont pas avec eux sont des ennemis. C’est dommage aujourd’hui que l’on en soit là. Sinon on aurait dû être sur d’autres chantiers de développement, mais malheureusement c’est le contraire. Donc, la notion de la réconciliation n’est pas d’abord politique ; c’est une notion fondamentale pour toute société humaine. Un peuple qui n’aime pas se pardonner, un peuple qui ne se parle pas a échoué. C’est une dynamique dans laquelle nous sommes. Vous ne pouvez pas entreprendre un développement tant que vous n’êtes pas unis. Les hommes politiques, en tout cas, les gens du MPP ont voulu utiliser leur rapport de force pour asseoir leur pouvoir et ceux qui observent comme nous se demandent que faire.

Ce n’est pas le bon moyen pour gérer un pouvoir d’Etat. Un père de famille, un chef d’Etat doit unir tout le monde. Il faut avoir le sens du pardon, le sens de l’humilité. Il faut s’inculquer également cette notion de réconciliateur qui donne le bon exemple, malheureusement ça n’a pas été le cas. Pas qu’on est contre le MPP, pas qu’on est contre le président Kaboré, mais il a raté le coach. Donc au soir de ce bilan, à la fin de son quinquennat, c’est un bilan nul. Ils ne peuvent pas aujourd’hui nous dire ce qu’ils ont fait en 5 ans. Nous avons plus de 2000 morts en 5 ans. Si on lui donne encore un mandat de 5 ans, à combien de morts allons-nous être d’ici la fin de ce quinquennat ? Si au cours des 5 ans tu n’as pas pu éradiquer ce fléau que toi-même tu as instauré, ce n’est pas dans les 5 autres années que tu pourras faire mieux. En 5 ans on a vu tout ce qu’on vit aujourd’hui. Il n’y a pas quelqu’un qui se dit être à l’aise où il est. Si quelqu’un me dit aujourd’hui qu’il est à l’aise là où il est, tant mieux. Mais nous estimons que le Burkina Faso méritait mieux.

Minute.bf : Vous parlez du problème de terrorisme au Burkina, alors que plusieurs pays sont confrontés à ces réalités. Ce n’est pas un phénomène propre au Burkina Faso…

P. Zaïda : Pour le cas du Burkina Faso, pourquoi il n’y en avait pas ? Ils ont pris un pays de paix ! On pouvait garder cette cohésion, ce modèle d’antan pour en faire une continuité. Si des gens étaient là et que le Burkina n’avait pas ce problème, pourquoi c’est quand tu es arrivé qu’il y a ces problèmes. C’est de ça qu’on parle. Il faut aussi qu’on reconnaisse et qu’on accepte que l’on pouvait trouver une solution à ce phénomène ; malheureusement personne n’a voulu en parler, personne n’a voulu en faire une priorité. Mais comme ils n’ont pas trouvé la solution à ce problème, nous estimons que, peut-être, le mal vient d’eux. Nous ne voulons pas d’un Burkina où à cent kilomètres quand tu sors vers le nord ou le sahel, tu sois inquiet, tu ne sais pas si tu vas aller et revenir en paix. Or, le Burkina d’avant, même à 4h du matin tu peux aller te promener là où tu veux et sans être inquiété, en dehors parfois des voleurs qui arrêtaient des gens pour récupérer de l’argent, mais ils te laissaient la vie sauve. Maintenant on te tue.

Minute.bf : Vous avez dit que la question de la réconciliation est aujourd’hui tard. Est-ce à dire que le Burkina Faso ne trouvera plus de solution à cette fracture sociale que vous avez évoquée plus haut ?

P. Zaïda : Nous sommes à deux mois des élections. Pourtant, nous avons eu 5 ans pour réconcilier les fils et les filles du pays. Mais cela n’a pas été fait. Ce n’est pas au cours des deux mois restants qu’on va déclencher le processus de la réconciliation. Je le dis parce qu’en deux mois des votes on ne parle plus de cela. Aujourd’hui tout le monde a les yeux braqués sur les élections à venir. Vous avez des gens qui sont en précampagne, vous avez le MPP qui tourne de gauche à droite, l’opposition également, donc les gens aujourd’hui n’ont que les yeux sur les élections présidentielles. La question de la réconciliation sera une priorité pour celui qui va arriver à la tête du pouvoir après les élections du 22 novembre. Mais comme les gens ont eu 5 ans, sans faire cet effort, nous estimons que ceux qui viendront après eux vont apporter ce changement positif.

Minute.bf : Est-ce que l’ambiance générale vous rassure de la bonne tenue des élections ?

P. Zaïda : La question de la tenue des élections relève de la volonté des acteurs politiques. Si ces acteurs s’accordent sur un minimum, pour sauver le Burkina Faso, on peut avoir des élections apaisées et des résultats acceptés par tous. Si on constate qu’il y a des anomalies dans le processus, il faut s’attendre à une crise. Nous savons qu’il y a beaucoup de gens aujourd’hui qui estiment que, compte tenu de la question sécuritaire, il faut reporter les élections. D’un point de vue constitutionnel aussi, notre constitution n’a rien prévu. Si on reporte les élections, on tombe dans un vide juridique. On a encore révisé le code électoral pour pouvoir tenir ces élections dans les conditions que l’on connait déjà. Et là aussi, on dit que sur la base d’un rapport circonstanciel de la CENI, adressé au président du Faso ou au premier ministre, ils peuvent saisir le conseil constitutionnel pour statuer sur une zone où règne l’insécurité. Mais au-delà de cela, nous avons posé des problèmes qui concernent surtout la nature de l’audit du fichier électoral. C’est vrai que le processus est en cours, les acteurs politiques n’ont pas encore communiqué, mais nous pensons que tant que le fichier électoral n’est pas audité, dans la manière la plus transparente, il y aura toujours un problème.

Deuxième fait, vous savez que dans le fichier électoral, il y a 300 000 morts. L’on n’a pas réussi à extraire ces morts du fichier. Nous avons à maintes reprises interpellé les acteurs politiques d’en faire un élément sérieux et nous les avons demandés de prendre la proposition de la CENI, qui demandait une approche communautaire pour les enlever du fichier électoral. On n’a vu aucun acteur politique parler de cela.

Troisièmement, vous avez la question de comptage. Est-ce que ce sera un comptage manuel ou un comptage électronique ? Mais de prime abord, moi particulièrement, je ne crois pas au comptage électronique. Pour ces trois éléments que j’ai évoqués, il va falloir que les acteurs politiques trouvent d’abord la réponse à ces maux afin de nous garantir que les élections pourront se tenir et que les résultats seront acceptés par tous. Il nous faut des réponses à ces questions. Mais nous avons encore le temps. Nous avons jusqu’à l’ouverture de la campagne pour régler ces questions. Voilà pourquoi nous nous apprêtons les jours à venir pour encore situer les responsabilités de tous les acteurs politiques par rapport à ces trois questions. Si ces trois questions sont réglées, évidemment on peut dire que l’ambiance sera bonne. Par contre, si ces questions ne sont pas réglées, il faut s’attendre à une crise postélectorale. Et en ce moment, on ne saura pas qui sera vainqueur et qui sera vaincu. Vu le climat qu’il y a aujourd’hui avec la question sécuritaire, avec la fronde sociale, avec ce que les gens ont gros au cœur, s’il y a une crise post-électorale, il faut faire attention, on ne sait pas où cela peut nous conduire.

Mais pour éviter cela, nous avons estimé qu’il faut surtout écouter ce que les gens disent. Nous sommes des observateurs, on connait notre métier ; étudier les questions du moment, apporter des réponses, malheureusement personne ne veut écouter. Nous allons encore accentuer, par nos démarches, mais aussi par nos positions, aux yeux de l’opposition, pour que s’il y a une crise post-électorale, que les responsabilités soient situées.

Minute.bf : Comment voyez-vous l’issue du 22 novembre ?

P. Zaïda : Comme nous sommes déjà dans le jeu politique, tout est permis à chaque parti politique d’utiliser les mots pour rassurer et galvaniser sa troupe ou pour se faire plaisir. Mais la réalité est tout autre. En 2015, malgré l’exclusion, malgré le cout d’Etat manqué, qui a instauré le climat de peur au sein de l’ancienne majorité, le président Kabore a été élu avec 53 % des voix. Et aujourd’hui, vous avez une ancienne majorité qui est unie, vous avez une opposition qui est encore plus solide qu’en 2015, vous avez les insurgés qui sont devenus des dissidents et qui ont créé leur parti politique avec Yacouba Isaac Zida dont le professeur Loada est le président, et vous avez également la réalité du terrain. Sur quelle base quelqu’un va me convaincre qu’il n’y aura pas un second tour ? Le politique peut se prévaloir de cette notion de coup K.O mais la réalité est tout autre. Donc, en tant que bon observateur, au regard de la situation actuelle du Burkina Faso, cela va être difficile qu’il y ait un coup K.O. Le second tour est imminent.

Maintenant, comment le jeu sera départagé au résultat final, pour le moment on ne peut pas le dire, mais cela dépendra des positions des acteurs politiques, cela dépendra aussi des alliances et autres qui pourront venir. L’essentiel pour nous est que le Burkina Faso sorte gagnant. Notre souhait est qu’on sorte de ces élections sans crise et que les gens acceptent les résultats ; mais il faut que cela soit aussi des élections transparentes, d’où la responsabilité de tous est engagée à ce niveau.

Minute.bf : Quand d’un côté on dit qu’on va faire un coup KO et que de l’autre côté on estime qu’il y aura forcément un second tour. Ne pensez-vous pas que ces propos contradictoire portent en eux, les germes d’une crise post-électorale ?

P. Zaïda: Ce sont des propos utilisés par les hommes politiques. Il est normal que chacun galvanise sa troupe. Mais je vous ai parlé plus haut de trois cas majeurs qui peuvent déboucher le Burkina Faso sur une crise post-électorale. Si ces trois questions sont réglées, nous pouvons nous rassurer que celui qui va contester les résultats, c’est celui qui ne voudrait pas la vérité.

D’abord, le comptage des voix doit être manuel. Ensuite, il faut régler la question des 300 000 morts qui sont dans le fichier électoral. Aussi, doit-on faire un audit transparent du fichier électoral, accepté par tous les acteurs. Si ces trois éléments sont réglés, en vertu de quoi un candidat pourrait contester les résultats ? S’il le fait, en ce moment, il aura le peuple sur son dos. Mais tant que ces trois éléments ne sont pas réglés, évidemment, il faut s’attendre à tout cela. Voilà pourquoi il est encore temps pour que les acteurs politiques prennent leurs responsabilités afin de nous éviter une crise post-électorale. Vous avez vu ce qu’il se passe au Mali ? Tout cela est lié aux élections passées. Vous voyez la Côte d’Ivoire qui est en train de tenter. Elle n’est pas loin d’une crise post-électorale. Et, avec la situation d’insécurité que nous vivons, avec la fronde sociale, avec ce que les gens ont gros au cœur, si on tombe encore dans une crise post-électorale, ça ne sera pas bon pour le Burkina Faso. Donc, il faut à tout prix l’éviter.

Minute.bf : L’actualité, c’est aussi le rendez-vous manqué de Yacouba Isaac Zida à son congrès d’investiture. Quelle lecture faites-vous de cela ?…Vidéo

Minute.bf : Vous l’avez dit, nous aurons des élections du siècle en 2020. Quel est votre message à l’endroit de tous les Burkinabè ?

P. Zaïda: Les élections sont une affaire des hommes politiques. Nous avons analysé et pour ces élections, nous avons dit qu’il ne faut pas rentrer dans une bagarre qui n’aura pas de sens. Il faut plutôt contribuer à apaiser le climat. Il faut régler les questions que j’ai citées plus haut. Tant que ce ne sera pas fait, on aura des problèmes. On va se mettre la pression pour sensibiliser les acteurs politiques, pour amener les gens à accepter les résultats. Nous avons aujourd’hui des alliances tant à la majorité qu’à l’opposition. Espérons que ces alliances puissent être sincères et que chacun accepte reconnaitre sa défaite et la victoire de l’autre, et vis-versa.

Le message que j’ai à l’endroit des Burkinabè, c’est d’éviter de tomber dans le jeu politique. Il faut d’abord que le politique soit responsable et s’assume. Tant que nos acteurs politiques ne s’assumeront pas, il sera très difficile d’éviter une crise. C’est la raison pour laquelle nous voulons beaucoup sensibiliser les populations. Nous ne soutenons pas de candidat. Nous avons une orientation qui est basée sur la réconciliation nationale, l’unité du pays, la relance économique et le front social. Notre message sera claire à l’endroit de tous ceux qui nous écoutent et qui nous suivent. Il faut aller voter le candidat qui prendra en compte les aspirations réelles du peuple aujourd’hui. Mais nous ne dirons pas aux Burkinabè d’aller voter un tel. Non. Le Burkinabè doit s’assumer devant l’histoire en faisant un choix judicieux pour un lendemain meilleur. Voilà notre orientation. Mais au préalable, il faut régler ce qui peut être une bombe. Nous allons toujours insister sur cette question de sorte à éviter que le pays ne tombe dans un piège.

Entretien réalisé par A.K. et Franck Kola
Pour Minute.bf

Source : Minute.bf

Faso24


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